"INTERNET EST UN VILLAGE" Entretien
avec Serge Pouts-Lajus, Mars
2001, source : Bloc-Notes
de l'académie de Rennes LES
JEUNES SONT FASCINÉS PAR LES ÉCRANS : TÉLÉVISION, CINÉMA, JEUX
VIDÉOS, AUJOURD ’HUI
INTERNET. COMMENT EXPLIQUER CE PHÉNOMÈNE ? L ’ÉDUCATION PEUT-ELLE
EN TIRER PARTI ?
Les quatre types d’écran dont
il est question Il me semble
que les éducateurs ont mis PRENONS DONC L’EXEMPLE
D’INTERNET. QU’APPORTE-T-IL À L’ÉDUCATION ?
Au lycée La Pérouse d’Albi,
lycée tout Ces deux anecdotes nous renseignent Une enseignante de collège m’a
récemment INTERNET
PRÉSENTE AUSSI DES DANGERS. ON Y TROUVE TOUT, LA VÉRITÉ ET SON
CONTRAIRE, DES IMAGES ET DES INFORMATIONS SCANDA- LEUSES QUI N ’ONT
RIEN À VOIR AVEC L’ÉDUCATION.
COMMENT ÉVITER LES MAUVAISES RENCONTRES ET COMMENT LES ÉLÈVES
PEUVENT-ILS TROUVER SUR INTERNET CE QUI LEUR EST UTILE ? Le danger est
bien réel. Mais il me semblequ’il l’est d’autant plus que l’on assimile le S’il fallait utiliser une analogie
plus appropriée je CETTE RUE N
’EST-ELLE PAS TRÈS ENCOMBRÉE ET PLUTÔT MAL FAMÉE ?
Dans cette rue qu’est le Web, on
trouve tout Dans une rue, lorsqu’on vous
parle, vous PENSEZ-VOUS QUE LES ENSEIGNANTS UTILISENT BIEN LE WEB ? Certains, mais pas tous. Il
m’arrive de rencontrer des enseignants qui disent à leurs élèves
: “allez sur le Web chercher ce qui existe sur tel thème”.
Ils les invitent ensuite à choisir quelques mots-clés puis à lancer
un moteur de recherche. Malheureusement, cette façon de faire est la moins efficace et la plus
dangereuse qui soit. On tape Shoah, par exemple, et on tombe sur un
document négationniste ; c’est terrible. Mais ce serait une erreur
grave d’en déduire que le Web est un enfer dont il faudrait préserver
les jeunes. L’illusion
sur les moteurs de recherche que l’on prend à tort pour des index
est une conséquence de l’analogie encyclopédique. En se
l’enlevant de la tête, les choses vont devenir plus faciles et plus
intéressantes. Un moteur de recherche peut servir à trouver
l’adresse d’une institution ou d’un auteur, mais il permet
rarement d’accéder directement à un document. Comme dans une rue, on circule
beaucoup mieux sur le Web en passant par les sources qu’on connaît
ou dont on a entendu parler par quelqu’un en qui on a confiance,
que par les documents qui tombent du ciel. À ce jeu, les élèves
sont les plus démunis parce qu’ils ne connaissent pas les
institutions susceptibles de contribuer aux contenus du Web et
qu’ils n’ont pas les moyens d’exercer l’esprit critique
qu’exige ce mode de recherche. Cela étant, je ne suis pas favorable aux logiciels qui filtrent les contenus ; ils ne résolvent pas le problème de fond et introduisent, comme toute censure, des difficultés supplémentaires, à mon avis inextricables. De même, lorsqu’on limite le Web à quelques sites aspirés, on perd l’essentiel des bénéfices pédagogiques de ce que j’ai appelé la réduction de la transposition didactique. Par contre, à tous les niveaux d’enseignement, l’usage du Web par des élèves doit être impérativement accompagné par des adultes expérimentés, qu’ils soient enseignants, documenta-listes, ou aides-éducateurs. Le Web est un univers avec ses règles. La plupart sont les mêmes que dans le reste du monde réel, mais il y a aussi quelques règles particulières, ne serait-ce que sur le plan technique. Les enseignants doivent les connaître et transmettre cette connaissance à leurs élèves. Cela suppose qu’ils y aient été ou qu’ils s’y soient formés ; et aussi qu’ils en aient la possibilité pratique, chez eux ou dans leur établissement. Les chiffres sur les taux d’équipement personnel des enseignants et des établissements montrent que ces conditions sont en voie d’être satisfaites dans une très grande majorité de cas. Les enseignants, les collectivités locales, les académies, le ministère, tous rament dans le même sens et cela se voit. Je réalise en ce moment une série d’observations dans des collèges de la Vienne où je rencontre de jeunes enseignants à qui toutes ces choses sont familières. Mais tous les enseignants, jeunes et moins jeunes, quel que soit leur niveau d’expertise technique, expriment le besoin d’enrichir leur compétence pour ce qui concerne l’exploitation pédagogique des technologies. Ils souhaitent mieux connaître les différents types d’utilisations en classe comme par exemple, la projection de séquences multimédias, l’usage autonome par les élèves dans le cadre d’ateliers disciplinaires ou pluridisciplinaires comme les travaux croisés. Ils attendent aussi une aide pour effectuer leurs tâches de back-office qui représentent la moitié de leur charge de travail : préparation des cours, correction des devoirs, échanges avec des collègues, lecture, formation continue, accueil des élèves et des parents, réunions administratives. LES RESSOURCES DU WEB NE SONT PAS TOUJOURS ADAPTÉES AUX ÉLÈVES. COMMENT LES ENSEIGNANTS PEUVENT-ILS TROUVER LES BONS SITES ? CELA NE RÉCLAME-TIL PAS UN TRAVAIL SUPPLÉMENTAIRE CONSIDÉRABLE QUI POURRA T EN DÉCOURAGER PLUS D ’UN ?Ce qui fait problème avec le Web, c’est l’abondance de documents, leur renouvellement permanent, l’absence de contrôle et de validation, l’absence d’un catalogue exhaustif, raisonné et fiable des contenus. Mais il ne sert à rien de reprocher au Web d’être une mauvaise bibliothèque puisqu’il n’en est pas une ! C’est à ce point de notre interrogation qu’il faut introduire ce qui me semble être la seconde caractéristique principale du Web. J’ai expliqué précédemment que le Web est un lieu habité. Mais je n’ai encore rien dit de ce que l’on y fait. En fait, les personnes et les institutions qui habitent le Web, entretiennent un site et offrent des documents à ceux qui viennent les visiter, c’est-à-dire aux personnes qui connectent leur ordinateur au leur. Le Web est un lieu où l’on se fait des cadeaux ! C’est aussi simple que cela. La base des échanges, le moteur de cette incroyable effervescence, c’est le don, une activité humaine qui se pratique dans toutes les cultures et à toutes les époques et que les anthropologues connaissent bien. Mais, de mémoire d’anthropologue, on n’avait sans doute jamais vu le don se pratiquer à une telle échelle ! L’origine de cette étonnante caractéristique remonte aux créateurs d’Internet : des chercheurs, des scientifiques. Le partage est nécessaire aux chercheurs, à la fois parce qu’il permet à chacun d’exploiter les résultats trouvés par d’autres, mais aussi parce qu’il stimule la réflexion : sans mutualisation, il n’y a pas, aujourd’hui, de progrès scientifique possible. Chaque membre de la communauté scientifique est donc contraint de partager ses résultats, du moins ceux qui ne donnent pas directement lieu à dépôt de brevet, avec tout le groupe. Pour que cela fonctionne, il faut que chacun joue le jeu, respecte la règle, se comporte convenablement. L’expérience montre que, dans la communauté des chercheurs, les manquements à cette règle sont exceptionnels.LA
MUTUALISATION EST DONC LE TRAIT CULTUREL QUI A MARQUÉ NTERNET,DÈS SA
NAISSANCE.QU ’EN EST-L AUJOURD ’HU ,MAIN- TENANT QUE L ’USAGE DU
RÉSEAU S ’EST ÉTENDU B EN AU-DELÀ DU PREMIER CERCLE DES
CHERCHEURS ?
Les communautés d ’enseignants pratiquent la mutualisation. Le Web est un lieu où l ’on se fait des cadeaux ! C’est cela qu ’il faut apprendre à l ’école. Aussi curieux que cela puisse paraître, l’esprit des pionniers, la culture de la mutualisation est restée très forte sur le Web. C’est même elle qui, à mon sens, explique le mieux le succès d’Internet. Plus Internet a du succès et plus cette caractéristique culturelle se renforce. Tout simplement, parce que c’est à cause d’elle que de plus en plus de gens utilisent Internet ! Ce jeu de la mutualisation est naturel et donc facile à jouer pour les individus et les institutions éducatives ou culturelles. Il l’est beaucoup moins pour les commerçants. Cela ne veut pas dire que le Web soit culturellement fermé aux projets commerciaux. Des vendeurs par correspondance comme la SNCF ou la Redoute ont étendu sans difficulté leur offre de services sur Internet. On peut aussi mentionner les initiatives qui, par nature, se situent en dehors de l’espace public : la pornographie, l’information financière confidentielle, etc. Il faut surtout citer les sites d’enchères comme e-Bay ou iBazar qui ont réussi à devenir, en quelque sorte, les marchés aux puces de la rue du Web, et à tirer profit de cette activité. Mais les initiatives marchandes qui se situent dans l’espace public tout en contredisant ou en restant aveugles à cette culture de mutualisation sont condamnées à échouer les unes après les autres. Le projet de Vivendi d’un grand portail éducatif commercial me semble, de ce point de vue, une initiative, disons, très risquée. Revenons aux enseignants. Ils sont, juste après les chercheurs, ceux qui, sur le plan professionnel, ont le plus à gagner d’Internet, plus encore que leurs élèves. En effet, Internet leur permet de rompre leur solitude, de communiquer avec des pairs, dans la même discipline ou à un même niveau. Dans un collège ou dans un lycée, si vous enseignez les arts plastiques, vous n’avez aucun collègue de votre discipline. Si vous enseignez l’histoire-géographie, vous avez deux ou trois collègues, mais pas plus. Vous ne les avez pas choisis. Vous n’avez peut-être aucune espèce de sympathie et de relation professionnelle possible avec eux. C’est tout aussi vrai pour l’école primaire. Vous êtes seul dans votre classe ; vous êtes encore seul dans la salle des profs et seul face aux parents. Le métier d’enseignant est un métier difficile, solitaire. Tant que les élèves sont gentils et ne bougent pas, tant que la pratique du métier évolue peu, la solitude est supportable ; elle l’est d’autant plus qu’elle présente de nombreux avantages. Mais nous sommes entrés dans une époque où les élèves ne sont plus dociles et où les conditions d’exercice du métier, pour toutes sortes de raisons internes et externes, sont appelées à changer, à évoluer. Pour prendre ce virage, une bonne solution est de développer le travail collaboratif au sein des équipes pédagogiques. C’est l’objectif des travaux croisés au collège, des TPE au lycée. Mais il s’agit là de mesures institutionnelles lourdes qui mettront du temps à se stabiliser et à produire leurs effets. Internet offre des solutions complémentaires, légères et individuelles. Il existe aujourd’hui, sur le réseau, de très nombreuses communautés d’enseignants qui se sont regroupés par discipline, par niveau d’enseignement, par affinités professionnelles diverses. Inutile de les appeler des communautés virtuelles, elles sont tout ce qu’il y a de plus réel. Je préfère les appeler, comme le suggère l’anthropologue Dan Sperber, des communautés délocalisées. C’est au sein des communautés délocalisées d’enseignants que se fabriquent les réponses à la question : comment trouver les bons sites, sans y passer trop de temps ? Ces communautés fonctionnent en symbiose parfaite avec la culture de mutualisation qui est celle d’Internet : les enseignants mettent leurs découvertes, leurs cours et leurs idées à la disposition de tous. Lorsque l’un d’entre eux pose une question, il est bien rare qu’il ne reçoive plusieurs réponses. POUVEZ-VOUS NOUS DONNER DES EXEMPLES DE CES COMMUNAUTÉS D’ENSEIGNANTS ? À tout seigneur, tout honneur, on peut commencer par citer une communauté de professeurs d’histoire-géographie, les Clionautes, l’une des plus anciennes, créée en 1997 par François Jarraud et Daniel Letouzey, et qui est aujourd’hui l’une des plus importantes en nombre. Leurs outils de travail, ce sont, d’une part un site Web et d’autre part une liste de diffusion qui compte environ 1 400 abonnés au début de 2001. Pour avoir une idée de ce qui se passe dans une telle communauté, il suffit de se promener dans les archives publiques de la liste. Un exemple que j’ai relevé, entre mille autres, et qui illustre la nature très professionnelle des échanges et la solidarité des Clionautes. Le 7 décembre 2000, Christiane envoie dans la liste la demande suivante : “Pour une collègue institutrice je suis à la recherche du prix d'un esclave à Rome au premier siècle après JC”. Le lendemain, quatre réponses passent sur la liste avec des fourchettes de prix en sesterces et en deniers, ainsi que des références bibliographiques. Si cela vous intéresse aussi, rien ne vous empêche d’aller consulter ces réponses et de vous inscrire à la liste. Une autre communauté importante est celle des professeurs de lettres animée par Jean-Eudes Gadenne (3) qui fonctionne suivant les mêmes principes que les Clionautes. Un exemple ; le 5 décembre 1999, Philippe posait, via la liste de diffusion, cette question : “Qui connaît les paroles de la comptine “Un grand cerf dans sa maison.” Besoin urgent pour une classe maternelle. Merci”. Cette innocente requête a donné lieu à des développements inattendus qui montrent que les enseignants de lettres savent être, à la fois, cultivés, solidaires et pleins d’humour. Toutes les communautés d’enseignants n’ont pas l’ampleur des Clionautes ou de cdidoc et toutes ne sont pas disciplinaires. Un grand nombre de listes de diffusion consacrées à l’éducation fonctionnent sur une base locale. On en recense une vingtaine sur le site officiel de l’académie de Rennes et il doit en exister de nombreuses autres dans cette région comme dans toutes les autres, institutionnelles ou non, de toutes tailles et de tous domaines. Personne n’est aujourd’hui en mesure de se faire une idée précise de ces communautés, de leur nombre, du nombre d’enseignants qui y participent, de leur évolution et du contenu des échanges auxquels elles donnent lieu. Aujourd’hui, le dynamisme
se situe plutôt du côté des communautés indépendantes
de l’institution, animées par des enseignants enthousiastes
qui ne comptent pas leur temps. La liberté de parole y est grande et
cela explique leur succès. Mais cette liberté a un prix : reposant
sur la bonne volonté d’une poignée d’individus, elles sont
fragiles. Au contraire, les listes soutenues par l’institution, le
plus souvent administrées par des IEN ou des IPR, partent avec des
atouts et des inconvénients qui sont symétriques de ceux des listes
indépendantes. Elles disposent de plus de moyens mais la liberté de
parole n’y est pas la même. Dans une telle situation, il y a deux
choix possibles ; laisser faire en attendant que le meilleur gagne ou
bien rechercher des voies de complémentarité et de soutiens mutuels.
Pour l’instant, c’est la première solution qui prévaut… LES
SÉRIES TÉLÉVISÉES, LES FILMS, LES JEUX VIDÉOS PEUPLENT L’IMAGINAIRE
DES JEUNES. COMMENT L ’ÉCOLE, SYMBOLE DE L ’EFFORT RÉCOMPENSÉ,
PEUT-ELLE LUTTER CONTRE LES STÉRÉOTYPES
DIFFUSÉS PAR LES MÉDIAS : STARS MÉDIATIQUES, ARGENT FACILE …? C’est vrai qu’il
pourrait paraître paradoxal, ou même idiot, de vouloir lutter contre
le loup en le faisant entrer dans la bergerie… Vous vous rappelez
sans doute l’hiver dernier cette magnifique empoignade entre les
partisans de l’école ouverte sur le monde et ceux de l’école
sanctuaire. Pour sortir de ces débats abscons, je ne vois pas
d’autre solution que de revenir au réel des situations. Pourquoi
est-ce si utile de faire entrer Internet dans les écoles ? Je ne
parle pas des bénéfices pédagogiques ; ils existent bel et bien,
mais personne ne pourrait démontrer que les mêmes effets ne
pourraient pas être obtenus par d’autres moyens. J’ai dit tout à
l’heure que la mutualisation est la règle d’or d’Internet.
C’est cela qu’il faut apprendre à l’école. La
richesse du Web provient des documents qu’y apportent ses habitants.
Le visiteur du Web qui profite des dons qui lui sont ainsi faits,
contracte une dette symbolique, les anthropologues disent une dette
positive, à l’égard de tous les habitants du Web.
Il ne la remboursera qu’en devenant lui-même contributeur,
en donnant. L’éthique du Web se tient dans cette règle simple : pour
bien habiter le Web, il faut à la fois prendre et donner. En
la respectant, on renforce le système. Lorsque des élèves, des enseignants et des écoles créent des pages, ils ne succombent à aucun suivisme ; tout au contraire, ils se conforment à une règle morale essentielle. Et j’ai bien dit créer ; vous ne pouvez donner en effet que ce que vous possédez, en l’occurrence les documents qui vous appartiennent parce que vous les avez créés, qu’il s’agisse de texte, d’image ou de musique. Si vous souhaitez offrir sur le Web, une chose qui ne vous appartient pas, vous devez demander l’autorisation à celui qui l’a créée ou qui en est le propriétaire. Je ne connais pas de meilleure façon, pour des enfants, même très jeunes, d’apprendre ce qu’est le droit d’auteur que de rédiger une lettre à un photographe, un dessinateur ou un poète pour lui demander l’autorisation d’utiliser l’une de ses oeuvres pour le site Web de l’école. Lorsque l’auteur donne son autorisation, et s’il le fait, comme c’est souvent le cas, sans demander de contrepartie financière, les enfants comprennent, qu’avant d’être une affaire de gros sous, le droit de propriété est d’abord une affaire de morale. Un autre exemple. On parle de plus en plus de Napster et de Gnutella, ces nouveaux services de l’Internet qui inquiètent beaucoup l’industrie musicale parce qu’ils permettent aux usagers du réseau de s’échanger des morceaux de musique piratés sans courir aucun risque. Ces usagers jouent bien le jeu de la mutualisation, mais ils le jouent en s’offrant des objets qui ne sont pas à eux. En mutualisant des objets volés, ils contreviennent à l’éthique du Web. Coincées entre une solution gratuite illégale que la justice poursuivra et une solution payante légale qui compromettra leur succès, de telles applications du réseau sont, en définitive, condamnées à la marginalité. Ma conclusion peut paraître inattendue. Je crois qu’Internet est le meilleur outil dont les pédagogues disposent aujourd’hui pour enseigner ce qu’on appelait jadis la morale et que l’on nomme aujourd’hui éthique ou citoyenneté. SERGE POUTS-LAJUSSerge Pouts-Lajus été professeur de mathématiques pendant une dizaine d’années. En 1982,il se passionne pour la micro-informatique et écrit des logiciels éducatifs. En 1985, il quitte l ’enseignement et entre chez Nathan pour y créer un département d ’édition de logiciels scolaires. En 1989, l ’euphorie d ’Informatique pour Tous étant retombée, Nathan se détourne de ce secteur d ’activité, il créé avec Éric Barchechath, l ’Observatoire des Technologies pour l ’Éducation en Europe (OTE),une association indépendante qui finance son activité en réalisant des études et en participant à des programmes européens. Depuis 1997, Serge Pouts-Lajuts réalise des observations de terrain et des analyses d ’usages pour le minis- tère de l ’Éducation nationale et le ministère de la Culture. Actuellement,il observe et analyse les usages des TICE dans six collèges de la Vienne, trois écoles de Besançon et dans plusieurs institutions culturelles labellisées ECM (Espace Culture Multimédia) par le ministère de la Culture. Bibliographie • L ’école à l ’heure d ’Internet –Les enjeux du multimédia dans l’éducation, avec Marielle Riché-Magnier, 1998 • Les nouvelles technologies dans l ’enseignement –Ruptures et continuité, avec Marielle Riché-Magnier, in.L’école, l ’état des savoirs, dir.Agnès Van Zanten, La Découverte,2000. (4) Je pourrais citer des communautés de professeurs d’anglais (5) ou de classes pratiquant la pédagogie Freinet (6) Et aussi une importante liste de documentalistes “cdidoc” (7) qui a une couverture nationale mais est animée par une équipe de l’académie de Rennes. Il y en a comme cela des dizaines. |