Pratiques pédagogiques fondées sur l'utilisation d'internet
échangées par les Clionautes
en lycée

(certains liens coupés n'ont pas été rétablis)

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François Jarraud, Paris
(19 octobre 1998)

La population française

(fiche de première. J'y reprends l'idée du "cahier d'enquête" émise par Pascal Boyries) 1ere ES

Objectifs :
- apprendre à utiliser les sources modernes de l'information : web, courrier électronique, enquêtes de terrain etc..
- apprendre à traiter un sujet : importance de la problématique
- apprendre à utiliser les sources classiques : livres, revues, manuels

Thèmes qui vous sont proposés :
Quelle politique familiale ?
Le couple
Le vieillissement
L'immigration
Le chômage
Les femmes
Populations urbaines (un exemple)
Le monde rural en crise (un exemple)
Les jeunes
Histoire de l'enfant XVIIeme-XXeme

Calendrier :
- initiation à Internet le 20 octobre
- réflexion sur les problématiques le 22 octobre
- recherche : pendant les vacances de Toussaint
- le point sur les problématiques et l'information : le 3 novembre
- recentrage le 10 novembre
- remise des travaux le 17 novembre

Documents à remettre :

le cahier d'enquête : il s'agit d'une feuille qui comprend obligatoirement :
- les sources utilisées et éventuellement les autorisations nécessaires pour les reproduire (particulièrement sources photos, témoignages...)
- les problématiques liées au sujet
- le calendrier de travail du groupe : précisément ce que vous avez fait au jour le jour, y compris les fausses pistes, le temps perdu (aussi instructif que le temps gagné !)

l'expose final : il peut être remis sous plusieurs formes : copie classique, fichier de traitement de texte (impérativement au format RTF), vidéo, exposé oral. L'essentiel c'est qu'il soit communicable à vos camarades.

L'évaluation :
Elle prendra en compte :
- le plan : avoir bien saisi la problématique, avoir posé clairement des questions, y avoir répondu
- la variété des sources : il est impératif de sortir du manuel
- l'expression : le document final doit être court et clair. Un conseil : rédigez des phrases simples (sujet + verbe + complément) au présent. Cela met en valeur votre expression.
- le fonctionnement du groupe

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Michel Chaumet, site web
(26 juin 1998)
Tourisme en Poitou-Charentes

En février dernier, j'ai proposé à mes élèves de première ES de réaliser, dans le cadre des modules, un travail sur le thème "Tourisme et Internet", dans lequel il s'agissait de confronter deux visions du tourisme en Poitou-Charentes, l'une classique, l'autre internautique. Ce travail a été achevé in extremis au milieu du mois de juin.

Après une dizaine de jours de négociations pour obtenir l'autorisation d'utiliser des photos "récupérées" sur le Réseau et en attendant que ce travail trouve sa place sur le serveur du lycée à venir très bientôt, je l'ai mis en ligne. (lien coupé)

Vous trouverez des explications beaucoup plus fournies dans la page "le mot du prof" et je vous invite à lire la page "Tourisme et Internet", dont pas un mot n'a été écrit ou même revu par le prof en question (alors qu'il est intervenu de façon ponctuelle sur les autres pages pour suggérer des améliorations ou simplement faire redresser quelques tournures boiteuse). Moi, j'aime bien ce qu'ont écrit là mes élèves ! Le regard critique qu'ils jettent sur le Net est stimulant.

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François Jarraud, Paris
(EPI.Net du 15 mars 1999
)
Réaliser un portfolio électronique sur "la déforestation en Amazonie" en utilisant le web.

Objectifs et situation :
En
seconde, pendant l'étude de la gestion des milieux par les hommes, le professeur d'histoire-géographie doit accueillir un groupe d'élèves hétérogènes en module.

Il les répartit en deux groupes autour d'objectifs de remédiation différents :
- Objectifs du premier groupe : situer dans l'espace, lire des images satellitales, mettre en relation image et texte.
- Objectifs du second groupe : sélectionner des informations dans des textes, classer, hiérarchiser, confronter, synthétiser. L'exercice se termine par la construction d'un organigramme.

La recherche d'informations :
La recherche débute par une visite à un recueil d'adresses de sites environnementaux. On y ajoutera le serveur écologiste anglophone RAN consacré aux forêts tropicales, et Envirolink. Elle continue sur les moteurs de recherche Yahoo et Altavista en utilisant les mots "amazonie" et "déforestation".

Le catalogue de
Thierry Hatt nous fait gagner du temps dans la recherche d'images satellitales. Il donne accès à des images commentées sur le site EduSpot ainsi qu'à une banque japonaise.
Enfin, l'enseignant a accès au gigantesque catalogue de
Spot image. Certes, cette banque de données est délicate à manier. L'utilisateur doit définir des coordonnées en espérant qu'elles soient a priori intéressantes. Dans cet exemple, nous choisissons les environs de Carajas et de sa voie ferrée. Mais un sondage s'est révélé tout autant intéressant au Rondonia, près de 2000 kilomètres plus à l'ouest. On privilégie des séries d'images qui permettent de bons commentaires explicatifs sur leur fabrication.

Enfin, l'enseignant a intérêt à consulter la presse par exemple
L'Humanité et La Tribune qui disposent d'achives en ligne et ). Il convient de ne pas négliger la presse anglophone. CNN a de nombreuses informations en ligne, à charge pour l'enseignant de traduire en français ses courts articles.

Du tri à la réalisation :
L'enseignant dispose ainsi d'un stock d'informations qu'il va devoir trier pour ne retenir que des documents accessibles aux élèves. Il aura intérêt à amener les élèves à confronter ces documents bruts (images satellitales) ou journalistiques avec des commentaires scientifiques : extraits d'ouvrage universitaire ou de la Géographie Universelle par exemple. Il devra également, avec un logiciel de dessin, préparer les documents complémentaires : croquis d'interprétation des images satellitales par exemple. L'assemblage se fait avec un éditeur html classique.

La séance modulaire :
Elle se fait en salle informatique. Avant la séance, faute d'un réseau  l'enseignant a installé sur chaque poste un navigateur puis, dans un répertoire ad hoc, l'hypertexte réalisé. Après une présentation rapide du concept d'hypertexte et du fonctionnement du navigateur, le professeur répartit les élèves entre les deux groupes. Il ménage des plages de restitution en commun où les élèves pourront communiquer leurs résultats.

Une pratique judicieuse ?
Réaliser un portfolio de ce type comporte certains avantages par rapport à un exercice traditionnel :
- l'attrait que peut représenter la présentation nouvelle des documents
- la mise à disposition des élèves d'images satellitales récentes, variées et correspondant précisément à la région étudiée
- une information actualisée
- des sources d'information plus variées que tout exercice traditionnel
- des types de documents variés, adaptés à un public hétérogène
- la confrontation des textes scientifiques et des documents bruts (articles ou images) est particulièrement enrichissante

Mais il n'échappe pas à la critique :
- un portfolio n'est rien d'autre qu'un recueil documentaire. L'élève se retrouve dans une situation qu'il connaît déjà.
- il n'est pas maître de sa recherche et n'affronte pas la question de la validité du document. Le professeur filtre l'accès (indirect) à internet  et contrôle entièrement la situation.

Ainsi, si la pratique du portfolio renouvelle un peu le TP traditionnel, si elle peut rassurer des éducateurs timorés devant les dérapages possibles du web, elle profite peu des ouvertures pédagogiques offertes par Internet.

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Sylvain Genevois, Loire, site web, site académie Lyon
(15 novembre 1999)
Inondations dans l'Aude

Voici une petite fiche module (realisee dans le vif de l'actualite) que je compte utiliser en classe cette semaine. Le questionnaire porte sur le site du departement de l'Aude signale par Francois auquel j'ai ajoute une depeche AFP et deux extraits du journal Liberation du 15 Novembre 99 (voir ci-dessous)


1) Localiser la zone concernee par ces inondations. S'agit-il d'une zone à risque ? Pourquoi ?

2) Evaluer l'ampleur de la catastrophe (niveau de pluviometrie ? degats materiels et humains ?) Les bulletins d'alerte successifs ont-ils permis de prevoir ou de gerer le risque ?

3) Les inondations sont-elles le seul risque recense dans la region ? Quels sont les autres risques ? Pourquoi les inondations figurent parmi les risques les plus redoutables et les plus redoutes ?

4) Que signifie le sigle P.P.R ? Dans quels buts a-t-on adopte de tels plans ? L'urbanisation recente a-t-elle suivi les dispositions du P.P.R ?

5) Rediger une synthese d'une page environ qui precise la nature de la catastrophe et la difficulte (meme en France) de prevoir et de gerer ce type de risque naturel.


Depeche AFP - Toulouse (France), 14 nov (AFP) - Vingt-six personnes ont
peri et deux etaient portees disparues a la suite de gigantesques
inondations dans le sud de la France qui ont pris, pendant le week-end,
l'ampleur d'un drame national. L'accalmie et la decrue paraissaient
enfin bien engagees dimanche soir, apres les pluies torrentielles,
suivies d'inondations et de coulees de boue, qui se sont abattues entre
vendredi soir et samedi sur trois departements voisins de la frontiere
espagnole, l'Aude, le Tarn et les Pyrenees orientales. La plupart des
victimes sont mortes noyees dans leur voiture, lorsque les pluies
diluviennes se sont abattues et ont transforme les ruisseaux en grosses
rivieres emportant tout sur leur passage. Quatre membres d'une meme
famille ont peri lorsqu'une coulee de boue a envahi leur maison. Les
degats materiels sont tres importants. Les 60.000 habitants de la
ville de Narbonne, l'une des deux principales de l'Aude, ont ete prives
d'eau potable dimanche a la suite d'une coupure d'electricite, liee aux
inondations, qui a affecte samedi soir les stations de pompage de la
commune. Des longues files de Narbonnais, bidons a la main, se sont
formees dans la matinee devant des citernes installees en quatre
points de la ville. Environ 15.000 foyers etaient prives d'electicite et
de telephone dans l'ensemble de la zone touchee par les inondations. De
nombreux axes routiers etaient encore coupes et le trafic ferroviaire
etait impossible entre Narbonne et Carcassonne. La SNCF, l'operateur
francais des chemins de fer, a indique que les degats etaient
"considerables" et necessiteraient des jours de remise en etat.


Le retard de la prevention (Liberation 15/11/99) :

"Chaque automne, le pourtour mediterraneen francais redevient une zone
a risque climatique eleve. Les meteorologues appellent cela l'"episode
cevenol" - bien que le phenomene puisse frapper un territoire bien
plus etendu que ces seules montagnes. En une seule decennie, des lieux
aussi eloignes que Vaison (1992), Nimes (1988) et le Roussillon
aujourd'hui en ont ete victimes. Le risque est la, indubitable. Mais la
culture du risque n'est pas au rendez-vous.
Le risque zero n'existe pas. Loin d'etre une raison pour justifier un
quelconque laxisme, ce constat doit pousser a apprendre a vivre
raisonnablement avec le risque. Les habitants de Tokyo ou de Los Angeles
ne passent pas leur temps a paniquer devant le seisme qui leur pend au
nez. Mais ils ont (en principe...) acquis les rudiments de base sur la
conduite a tenir en cas d'urgence. A commencer par l'habitude de prendre
les alertes au serieux.

Car il ne suffit pas d'un dispositif technique et officiel en etat de
marche. Il faut aussi une population receptive et preparee. Dans le cas
des inondations meridionales, on peut imaginer qu'on ait tire un
meilleur parti des bonnes previsions de Meteo-France sans pour autant
sombrer dans la paranoia. Une attitude plus volontariste des autorites
et plus collaboratrice des populations aurait sans doute fait baisser le
nombre des victimes.

De meme, la recherche des responsabilites d'un eventuel "facteur
humain" doivent savoir garder la mesure. On a meme entendu mettre en
cause la "deforestation", alors que la foret mediterraneenne n'a
jamais occupe autant de surface qu'aujourd'hui. Et les 36 victimes des
inondations du Gard en 1958 ne sont pas a mettre sur le compte d'un
bitumage-betonnage excessif, celui-ci n'en etant alors qu'a ses
debuts.

Ce n'est pas une mise en cause indiscriminee du monde moderne qui
protegera les terres meridionales (ou les autres) des inondations. Mais
bien, plutot, une mise en oeuvre pragmatique et modeste de toutes les
techniques disponibles. Il faut faire un releve rationnel de tous les
facteurs aggravants - dont sans doute, ici et la, le
betonnage-bitumage - et agir en consequence. C'est moins chic que la
nostalgie et c'est aussi, malheureusement, plus cher."



Les deficiences de la politique du risque (Liberation 15/11/99)

"Si les inondations ou les glissements de terrain peuvent etre
difficilement evites, les dispositifs en vigueur pour limiter leurs
consequences restent tres insuffisants. Ainsi, seules 11 % des communes
"inondables" sont dotees d'un Plan de Prevention des Risques
(PPR), selon une etude recente de l'Institut francais de
l'environnement (Ifen) [Liberation du 16 avril 1999]. Or ces plans,
rendus obligatoires par la loi de 1987 - qui donne au citoyen un droit a
l'information sur les risques technologiques et industriels -,
permettent aux autorites locales de tenir compte des risques dans les
decisions d'amenagement. Les PPR peuvent interdire de nouvelles
constructions dans les zones les plus exposees. Ou imposer des mesures
agricoles pour freiner le ruissellement, ou encore obliger a des
hauteurs minimales de plancher pour les rez-de-chaussee dans les zones
moins exposees.

En 1999, seules 2 000 communes disposent de PPR et 2 000 autres l'ont
mis en chantier. Et le ministre de l'Environnement estime que 10 000
communes devraient faire l'objet d'un PPR a l'horizon 2010, "du fait
des risques importants qu'elles representent en termes d'enjeux
humains". Il n'en reste pas moins que, selon l'Ifen, aujourd'hui, 35 %
des communes "a risque" de 20 000 a 100 000 habitants n'en sont
pas dotees. Et les plus petits villages sont les moins proteges: 6 % des
bourgs de moins de 500 habitants ont elabore ce type de document. Dans
les Pyrenees-Orientales, 32 plans ont ete approuves, 2 dans l'Aude
et aucun dans le Tarn. C'est dire le retard de cette region, pourtant
l'une des plus inondables."

Les bulletins d'alerte successifs :

Jeudi 11 Novembre a 14 h 30, veille de la catastrophe. Le Centre meteo
interregional d'Aix-en-Provence qui rayonne sur le sud-est publie un
premier bulletin d'alerte meteo. Il annonce des precipitations de 100
a 150 mm dans les trois departements qui relevent de sa zone: l'Aude,
l'Herault et les Pyrenees-Orientales. Le Centre meteo de Bordeaux, dont
depend le departement du Tarn, fait de meme. Ces previsions sont issues
de modeles informatiques qui simulent l'atmosphere a partir des donnees
observees.

Vendredi 12 a midi, debut des precipitations. Deuxieme bulletin d'alerte
du centre d'Aix. Cette fois, il est plus pessimiste: "On a senti que
ca prenait un cran au-dessus", note un previsionniste a
Aix-en-Provence. Il est indique que les precipitations pourraient
atteindre par endroits jusqu'a 200 mm. Mais les previsions demeurent
en deca des precipitations reelles, puisque les zones les plus
devastees recevront de 300 a 500 mm d'eau en une douzaine d'heures,
a partir du vendredi apres-midi et dans la nuit qui suivra.

Vendredi 12 a 16 h 30. Troisieme et dernier bulletin d'alerte. Les
donnees recueillies permettent de prendre la mesure quasi exacte de la
situation. "Les cumuls depasseront frequemment les 200 mm.
Ponctuellement, on pourra atteindre les 400 mm", indique le
communique. Au lendemain du drame, Meteo-France parle d'un phenomene
exceptionnel, puisque les precipitations constatees en quelques heures
"sont tres proches des cumuls annuels".

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